Chaque mois, de nombreuses filles malgaches manquent l’école en raison du manque d’infrastructures sanitaires adaptées et sécurisées durant leurs menstruations, selon la Banque Mondiale Madagascar. Il s’agit des jeunes filles scolarisées, notamment en milieu rural. Cela se produit partout mais plus particulièrement dans les régions les plus défavorisées à cause de l’absence de toilettes décentes et l’absence d’accès à l’eau propre. Les raisons sont plusieurs rendant leur assiduité difficile et impactant leurs résultats scolaires.
L’éducation des filles en péril
Les femmes et les filles malgaches sont confrontées à des obstacles multiples qui entravent leur accès à l’éducation, à la santé et à l’emploi, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale intitulé « Libérer le potentiel des femmes et des adolescentes # Défis et opportunités pour une plus grande autonomisation des femmes et des adolescentes à Madagascar ». Cette étude met en lumière les inégalités de genre dans le pays et leur impact sur la vie des femmes.
D’après le rapport, si l’accès à l’éducation reste un défi majeur à Madagascar, les filles rencontrent des obstacles spécifiques qui limitent leurs chances de scolarisation et de réussite. Dans certaines régions, près de 55,8 % des femmes adultes sont analphabètes, contre 26,9 % chez les hommes. L’accès aux soins de santé maternelle et reproductive demeure précaire, avec seulement 45,8 % des accouchements assistés par un professionnel et un besoin non satisfait en contraception de 14,6 %. En outre, 31,1 % des filles de 15 à 19 ans sont déjà mères, ce qui compromet leur avenir scolaire et professionnel.
Violence basée sur le genre
L’inégalité se produit également via des violences basées sur le genre. Notamment, les violences basées sur le genre et les mariages précoces concernent une part importante de la population féminine. A savoir, 41 % des femmes en couple subissent des violences conjugales, tandis que 38,8 % des femmes de 20 à 24 ans ont été mariées avant 18 ans. Cela entrave aussi l’éducation qui limité l’accès au marché du travail.
Des solutions pour une égalité durable
Face à ces inégalités, la Banque mondiale préconise des solutions pour améliorer l’autonomisation des femmes et des filles à Madagascar. Son programme EAGER, ainsi que d’autres initiatives, visent à renforcer l’éducation des filles, favoriser leur intégration économique et améliorer l’efficacité des politiques d’égalité des sexes. Le rapport recommande quatre axes stratégiques : soutenir la scolarisation des filles, améliorer l’accès aux soins de santé, créer plus d’opportunités économiques pour les femmes et renforcer leur pouvoir de décision.
La Banque mondiale réitère qu’investir dans l’éducation, la santé et l’autonomisation des femmes pourrait transformer durablement la société malgache et garantir un avenir plus équitable pour tous.