Comprendre le parrainage

Principes généraux : 

L’un des buts principaux de notre association est de contribuer à ce que le plus d’enfants possible aient la possibilité d’acquérir les savoirs fondamentaux : lire, écrire et compter. Pour cela ils doivent aller à l’école. L’association ne juge pas du contenu ou du résultat des programmes scolaires : nous souhaitons seulement que les enfants soient scolarisés.

À Madagascar, l’école n’est pas gratuite, et le montant demandé par les établissements peut être très important, de l’ordre d’un mois de salaire. Sachant qu’une partie très importante de la population vit avec l’équivalent d’un Euro par jour (soit une trentaine d’Euros par mois), trop d’enfants ne sont pas scolarisés faute de moyens.

Nous avons lancé en 2008 le concept du parrainage, et nous l’améliorons sans cesse depuis 12 ans.

Le système est simple : nous demandons à des parrains volontaires de financer une partie des frais de scolarité des enfants que nous envoyons à l’école. 

Pour l’année scolaire 2020/2021, cela représente 18 Euros par an et par enfant.

Condition : nous invitons les parrains à inscrire cette action dans la durée en reconduisant leur parrainage pendant au moins cinq ans. Bien sûr, un parrain peut aussi parrainer plusieurs enfants simultanément ! 

En parrainant un enfant, on aide aussi sa famille en la soulageant en partie d’une charge qui peut être insupportable, tout en l’incitant à laisser son enfant à l’école.

Mise en œuvre : 

Notre action se situe sur la commune d’Ambohijanaka, ville de plus de 20 000 habitants située à 15kms au sud de la capitale : « Antananarivo ».

Si le concept est simple, sa mise en œuvre est plus compliquée, car il s’agit de répondre à des principes élémentaires de justice. En effet, il est impossible (et probablement inutile) de parrainer tous les enfants !

Nous parrainons en priorité les enfants du primaire, soit à partir de 6 ans jusqu’au CM2. Nous ne parrainons pas les enfants en préscolaire (maternelle), et, sauf cas très particulier, ne prenons pas de nouveaux parrainages à partir de la 6ème et au-delà. Toutefois, un enfant déjà parrainé qui poursuit ses études en secondaire et plus loin continue de l’être s’il satisfait aux critères requis, y compris s’il change d’établissement en cours de route. Ainsi, nous comptons désormais parmi nos filleuls des élèves au collège et au lycée, quelques bacheliers et quelques élèves en études universitaires et supérieures, ce qui est en soi un grand succès !

Nous ne prenons jamais en charge la totalité des frais de scolarité : il s’agit de ne pas créer de logique d’assistanat.

L’argent ne transite jamais par les familles : il est versé directement, par nos représentants locaux, aux écoles, charge à elles de collecter le complément auprès de la famille. Nous n’intervenons pas sur ce dernier aspect.

L’argent des parrainages ne sert qu’aux parrainages. Toutefois, les tarifs varient d’un établissement à l’autre. Aussi, nous complétons par l’octroi de fournitures scolaires, selon les besoins, et jusqu’à concurrence du montant du parrainage. Ces fournitures sont gérées et distribuées exclusivement par l’association, et là aussi il ne circule pas d’argent.

Nous parrainons en priorité les enfants issus des familles les plus défavorisées, pour lesquelles la charge financière des frais de scolarité est la plus lourde et/ou les conditions sociales sont les plus difficiles.

La demande de parrainage est toujours au libre choix de la famille, l’équipe éducative ou la direction de l’école n’étant pas censée intervenir dessus. Pour cela, nous avons mis au point un formulaire de demande, rédigé en Malgache, et qui rassemble les renseignements indispensables. Ce formulaire est distribué sur simple demande et aucun « filtrage » n’est effectué à ce niveau.

Le parrainage n’est pas définitif : si l’enfant ne va plus à l’école, il cesse d’être parrainé.

La décision de parrainer est prise exclusivement par l’association, qui s’appuie sur des vérifications menées dans les familles par des assistantes sociales pour prendre sa décision. Si besoin, nous consultons aussi d’autres personnes qui sont en connaissance de la réalité du terrain.  Nous pouvons enquêter aussi auprès des équipes éducatives et la direction des établissements pour lever le doute sur des éventuels points de détail.

Une fois par an, avant la rentrée scolaire, une commission spéciale se réunit à Madagascar pour étudier le renouvellement des parrainages en cours et examiner toutes les nouvelles demandes. Il est ensuite procédé à l’attribution des filleuls aux parrains volontaires. Pour faciliter ce travail, nous avons mis au point un système de score en fonction de la situation familiale. La note globale obtenue est sur vingt points, et construit un ordre de priorité. A cette note s’ajoute une note plus « subjective » résultant de l’examen de la situation sociale de la famille. Plus la note est élevée, plus l’acceptation du parrainage est certaine. Toutefois, pour les cas « limites », nous faisons preuve de bienveillance dans la mesure où nous disposons de suffisamment de parrains volontaires.

Cette commission de parrainage est pilotée et placée sous l’autorité de deux membres du bureau de l’association, épaulés par deux ou trois nationaux défrayés pour le travail d’étude sociale et de logistique nécessaires. 

Nous recueillons localement des informations sensibles à cette occasion ; nous nous efforçons, bien que nous soyons hors UE, de respecter les principes et l’esprit du RGPD (Règlement Général de la Protection des Données) dans nos processus de collecte et de traitement des informations. 

Nous tenons à jour un registre interne des filleuls et des parrains, ainsi que les affectations respectives. Ces informations sont exploitées dans le respect du RGPD ; elles sont strictement confidentielles et traitées dans le cadre exclusif du bureau de l’association. 

Le parrainage est considéré comme un don, et fait à ce titre l’objet d’un reçu fiscal produit chaque année. Les parrains ont un statut particulier au sein de l’association, car il n’est pas obligatoire d’être adhérent pour être parrain.

Pour chaque filleul une fiche est établie, mise à jour et communiquée à son parrain, qui connaît alors son nom et son prénom, sa photo, son âge, si c’est un garçon ou une fille, l’école et la classe dans laquelle il se trouve, et enfin ses notes. Les autres informations ne sont pas communiquées. Ce travail spécifique de diffusion aux parrains est assuré par deux de nos membres du bureau en France.

Pour nous assurer que le filleul va effectivement à l’école, nous exigeons la production de ses notes. Il ne s’agit pas ici de contrôler le niveau scolaire de l’enfant (même si cela peut avoir son importance), mais c’est la seule preuve tangible que la scolarité est bien suivie dont nous pouvons disposer. 

Notre école de référence est Saint Jean Baptiste de la Salle à Merimanjaka, car c’est là que le parrainage a commencé. Elle sert aussi de base à la construction de notre tarif de parrainage. 

Cependant, depuis 2018, nous parrainons aussi des enfants des établissements suivants : 

  • Pour le primaire, Saint Jean Baptiste de la Salle, les EPP (Etablissements Primaires Publics) d’Ambohijanaka, de Lohanosy, de Tsilaizana, de Sonavavela et du FJKM, et l’école primaire privée de La Colombe.
  • Pour le secondaire, le CEG (Collège d’Enseignement Général) et le Lycée d’Ambohijanaka.

Tous ces établissements sont placés dans le périmètre de la commune rurale (équivalent de nos communautés de communes) d’Ambohijanaka. Nous ne souhaitons pas sortir de ce périmètre afin de pouvoir conserver la maîtrise de nos actions.

  • Enfin, nous intervenons dans le supérieur. La liste des établissements concernés sera prochainement communiquée.

Au total c’est une équipe composée de six à sept personnes (dont quatre membres du bureau et deux ou trois ressortissants Malgaches) en charge du suivi des parrainages, de la logistique et de la communication nécessaires à cet important poste. Nous comptons plus de 170 parrains à fin 2019, pour plus de 400 enfants parrainés. Cela représente environ 8000€ transférés annuellement pour maintenir à l’école des enfants qui, sans cette action, seraient très probablement hors du système scolaire, alors que l’école est obligatoire à Madagascar entre 6 et 14 ans !

Cas particuliers, questions-réponses : 

Que se passe-t-il si un parrain cesse son action ?

Dans ce cas, pour ne pas créer de rupture incompréhensible, l’association supplée en lieu et place du parrain jusqu’à ce qu’un nouveau parrain soit trouvé. 

Que se passe-t-il si un filleul ne produit pas ses notes ?

Dans ce cas, la famille reçoit un rappel formel de l’obligation de produire les notes. Une enquête est également menée au niveau de l’école afin de nous assurer de la présence effective de l’enfant. Si, au trimestre suivant, l’enfant ne produit toujours pas ses notes, la famille est informée que le parrainage ne sera pas reconduit l’année suivante. Le parrain est informé de la situation (l’enfant ne satisfait pas à l’obligation de produire ses notes) et se verra proposer un nouveau filleul à l’occasion de la commission de parrainage suivante.

Que se passe-t-il si un enfant quitte l’école ?

Plusieurs cas peuvent se présenter :

  • L’enfant rejoint, soit en cours d’année, soit l’année suivante, un autre établissement du périmètre, soit en primaire, soit en secondaire. Dans ce cas, en principe, le parrainage continue et rien ne change du point de vue du parrain sauf l’école à laquelle son filleul est affecté.
  • L’enfant rejoint, soit en cours d’année, soit l’année suivante, une école d’un autre périmètre. Dans ce cas, le parrainage peut être reconduit s’il est possible de passer une convention avec le nouvel établissement (c’est typiquement le cas du passage au secondaire), soit, dans le cas contraire, le parrainage s’arrête. Le parrain est informé de la situation et se voit proposer un nouveau filleul.
  • L’enfant quitte simplement l’école. Dans ce cas, une action est menée par les assistantes sociales auprès de la famille pour comprendre ce qui se passe et voir s’il et possible de faire en sorte que l’enfant revienne à l’école. Si ce n’est pas possible le parrainage s’arrête. Le parrain est informé de la situation et se voit proposer un nouveau filleul.
  • Enfin, l’enfant peut rejoindre un cycle universitaire ou technique supérieur. Dans ce cas, les frais de scolarité sont considérablement plus importants et nous sortons du principe du parrainage tel que nous l’avons organisé. Nous interrogeons alors le parrain historique, pour étudier avec lui le montant qu’il serait prêt à engager pour que le filleul pour suive ses études. Le montant du parrainage est nettement plus important (de l’ordre de 500€ par an en cycle universitaire). En fonction de la réponse du parrain, et avec l’aide de l’association pour un éventuel complément, le parrainage post-bac est mis en place, notamment au travers d’une convention avec l’établissement. Le suivi de ce filleul est ensuite assuré selon nos méthodes habituelles.

Le parrain et son filleul peuvent-ils dialoguer ?

Oui, mais uniquement par l’intermédiaire de l’association. Nous souhaitons éviter les traitements de faveur d’un côté, et les demandes d’argent ou l’émergence de logiques d’assistanat de l’autre. Pour cela, il est nécessaire que l’association assure la transmission des informations dans les deux sens, mais aussi, de ce fait, un certain contrôle nécessaire à la tranquillité des deux côtés. A l’usage, ce mode de transmission des information est aussi bien plus fiable que le courrier postal ! Si le parrain ne respecte pas ce principe et « court-circuite » l’association, il doit avoir conscience qu’il s’expose potentiellement à des difficultés qu’il ne pourra pas gérer, et dans lesquelles l’association refusera toute responsabilité ! 

Le parrain peut-il demander des informations supplémentaires ?

Oui, dans une certaine mesure. L’association s’attache à répondre ouvertement à toutes les questions et communique tout ce qui ne porte pas potentiellement atteinte à la vie privée de l’enfant et de sa famille, ou du parrain.

Le parrain peut-il « aller plus loin » financièrement dans son parrainage ?

Oui, même si, en soi, ce n’est pas forcément nécessaire. Dans ce cas, le parrain doit se rapprocher de l’association pour examiner avec elle les possibilités d’action. Ce sera notamment le cas pour les post-bac.

Un parrain peut-il avoir plusieurs filleuls ?

Oui, il n’y a pas de limitation sur ce point. Le parrain est toutefois, de préférence, invité à s’engager dans la durée !

Quelle est la fréquence de transmission des informations ?

Le parrain est informé de l’affectation ou de la conservation de son filleul au début de chaque année scolaire (à Madagascar l’année scolaire débute généralement en octobre). Il reçoit les notes de son filleul à la production de celles-ci, en général à la fin de chaque trimestre. Le parrain doit savoir que, sur ce point côté Malgache, la rigueur n’est pas toujours de règle ! Mais nos relais sur place s’attachent à suivre tous nos filleuls.

S’il y a changement de situation, le parrain en est informé dès que le changement est connu et validé, et si nécessaire une proposition appropriée lui est faite. Le parrain a toujours le choix d’accepter ou de refuser.

Peut-on « choisir » son filleul ?

Il est toujours possible d’exprimer une préférence, qui sera prise en compte dans la mesure des possibilités. Mais cela ne peut pas aller beaucoup plus loin : la règle de base est que c’est l’association qui décide. Par principe, lorsqu’un filleul est affecté à son parrain, il n’y a pas de changement si les règles de fonctionnement sont respectées. Cela permet donc au parrain de suivre son filleul dans la durée.

Le parrain peut-il rencontrer son filleul ?

Oui, si le parrain se rend à Madagascar, il pourra rencontrer son filleul. Mais l’association n’organise pas de voyage dans ce seul but ! 

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